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La Grande Reconstruction, Arras, ville nouvelle !

La Grande Reconstruction, Arras, ville nouvelle !

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Le front aux portes d'Arras

Le front aux portes d'Arras

Sommaire

La fixation de la ligne de front

La guerre d'usure : qui prendra l'avantage ?

Le dégagement de Roclincourt

 

Dès la fin de l’année 1914, une ligne de tranchés longue de 700 km s’étend de la mer du Nord à la Suisse. Le front se fixe aux portes d’Arras ; à la guerre de mouvement succède une guerre de position et d’usure : c’est la guerre de tranchées.

Nous tenterons de documenter ce que fut ce front sur le secteur d’Ecurie, Saint-Laurent-Blangy et plus particulièrement sur Roclincourt. Cette dernière commune, qui fut traversée par le champ de bataille, est située à 5 km au nord-est d’Arras.

Pourquoi choisir de s’arrêter sur ce village ?

Ce site internet fut consulté par un Allemand, Joseph Mader,  à la recherche des traces de son grand-père, Matthias Mader. Il combattit d’octobre 1914 à juillet 1916 dans le secteur de Roclincourt au sein du Deuxième régiment d’infanterie de réserve royal bavarois.

Joseph Mader nous fit le plaisir de nous transmettre des informations que nous communiquons sur cette page.

La fixation de la ligne de front

A la veille du conflit, Roclincourt, village agricole, recense environ 540 habitants.

Début octobre 1914, les zouaves, unités françaises d'infanterie légère appartenant à l'Armée d'Afrique, stoppent la vague allemande devant Roclincourt.

A la mi-octobre 1914, les tranchées s’établissent, ainsi que les boyaux de communication vers l’arrière. Les premières lignes des belligérants sont distantes d’une centaine de mètres ; par endroits, seuls quelques mètres les séparent. Début novembre, du côté français, les tranchées des deuxièmes et troisièmes lignes sont réalisées. Puis, des deux côtés, les tranchées sont élargies, approfondies et aménagées (caniveaux, puisards, systèmes de chauffage). Ainsi, à la fin de l’année 1914, le front est fixé.

 

Réflexions d'un commandant de régiment bavarois sur la guerre des tranchées au large d'Arras.
" La guerre de mouvement était maintenant réellement terminée, aussi peu que les troupes et les dirigeants pouvaient le voir à l'époque.
A ce tournant, seule la doctrine principale doit être soulignée. Les Français ont un système exemplaire de
flanquement avec des fusiliers et des mitrailleuses, qui nous a gravement blessés en attaque et en défense, et contre lequel nous n'avons trouvé aucune contre-mesure efficace tout au long de la guerre. Nous n'avons pas pu non plus le copier dans cette perfection. Le principe du flanquement a déterminé les fortifications françaises pendant des siècles. Sa prévalence partout dans la guerre de mouvement et plus tard dans la guerre de tranchées nous a complètement surpris. Il est profondément enraciné dans le caractère rusé des Français et s'attend sagement à ce que les Allemands ne puissent penser qu'en ligne droite. Seuls ceux qui en ont fait l'expérience eux-mêmes et qui ont observé à quel point même un tir de flanc dévastateur met à l'épreuve le moral et la puissance de combat des troupes peuvent pleinement apprécier cette question. Si l'on voulait parler d'horreur pour l'infanterie, ce serait d'abord le cri : feu de flanc.
Parfois dans la guerre de mouvement, mais principalement dans la guerre de position, il y avait aussi des tirs d'artillerie de flanc, contre lesquels notre artillerie, qui avait ses limites de tir latérales fixes et dans de nombreux cas ne pouvait même pas trouver l'artillerie ennemie, ne pouvait rien faire." 1

Merci à Joseph Mader pour la communication de cet extrait.

 

Batailles du 1er corps de réserve bavarois entre Douai et les hauteurs de Vimy (2-6 octobre 1914). (Source : Kraft von Dellmensingen, Das Bayernbuch vom Weltkriege 1914-1918, Volume 1, Stuttgart 1930, p.42. Fonds documentaire Joseph Mader)

Légende : La carte indique les mouvements et les positions atteintes les 2, 3, 5 (tôt) et 6 octobre 1914.

Chiffre = Régiment

 

Le front de combat de La Bassée à Arras à fin décembre [1914]. Carte éditée dans le Bulletin des armées. (source : Archives départementales du Pas-de-Calais)

 

Les Français dressent des barricades aux portes de Roclincourt.

De la zone occupée, les Allemands observent le champ de bataille depuis un ballon captif stationné à Bailleul-sire-Berthoult.

Les obus à explosifs allemands provoquent la destruction du clocher de l’église de Roclincourt le 26 octobre 1914. Face à la violence du feu de l’artillerie allemande, les autorités militaires demandent l’évacuation des habitants du village début décembre 1914.

Fin février 1915, toutes les maisons de Roclincourt sont touchées par les bombardements. Ces ruines abritent le poste de commandement, une infirmerie et un poste de secours, les dépôts de matériel.

 

« Du talus, là où aboutit la tranchée Helfer, vu en direction de l’ennemi, l’ensemble du panorama des combats du 21 octobre 1914, s’étale devant nous. Nous sommes sur le champ de bataille de Maison-blanche. Guidé à partir de là, le régiment de réserve a pris d’assaut la position installée en hauteur. Sur la droite passe la route Bailleul – Arras. Les arbres indiquent clairement l’endroit où la route entre dans la position proprement dite. Là où il n’y a plus que des restes de tronc d’arbres et où se trouve la barricade routière, se situe le croisement formé par les tranchées Weissmann, Obermaier, Dittelberger. A l’arrière-plan, on aperçoit encore les cimes des arbres de la route Lille-Arras. 300 m devant la ligne du chemin de fer, presque parallèle à celle-ci, se trouve un chemin agricole dont le talus a également été aménagé en position de réserve. Cette route, qui descend jusqu’à Saint-Laurent, est appelée Rinne (rigole). Sur la crête, en direction de l’ouest, s’élèvent les ruines des fermes de Maison-blanche et de Maison-rouge, qui sont des anciens « boui-bouis » où des excursionnistes d’Arras venaient s’amuser. A partir d’ici les restes des arbres disparaissent derrière la hauteur. Sur la gauche, un chemin creux partant de la rigole rejoint Maison-blanche, qui était un point d’appui essentiel de la défense française en octobre 1914. C’était là aussi que l’on trouvait, des soldats français morts par centaines. Le chemin était rempli de cadavres et de matériel. Encore aujourd’hui, quelques morts qui n’ont pas été retrouvés à l’époque, se trouvent dans le terrain intermédiaire, recouverts d’herbe, les crânes nus blanchis par le soleil. » 2

 (se reporter à la carte ci-dessus pour se repérer)

 

Les trois zones : le front, la zone occupée, la zone non-occupée

Le front, les tranchées, les offensives

Les tranchées

Mortelles tranchées

Film : les tranchées de première ligne en Argonne

Court métrage d'animation : la tranchée

 

La guerre d'usure : qui prendra l'avantage ?

Les tentatives de prise de possession des positions adverses se succèdent au début de l’année 1915 : feux nourris des mitrailleuses, fusées éclairantes, lanceurs d’explosifs, tirs de l’artillerie, attaque à la baïonnette, explosions de mines placées par les sapeurs, utilisation du Minenwerfer (lance-mines), précurseur du mortier moderne et du lance-grenades, par les Allemands.

En février 1915, les Français prennent l’avantage, la deuxième ligne allemande devenant leur première ligne, mais celle-ci leur est reprise, après sa destruction par les Français. Le coût humain de la prise d’une tranchée allemande s’élève à 240 tués ou disparus et 613 blessés.

 

La seconde bataille d’Artois

Cette bataille préparée par Joffre qui débute le 9 mai 1915, est une offensive de grande ampleur en Artois visant à reconquérir notamment la crête de Vimy et Notre-Dame-de-Lorette.

A Roclincourt, avant le déclenchement de l’attaque, les préparatifs consistent à rapprocher la première ligne française de celle des Allemands ; le 4 mai commence un bombardement intensif des positions allemandes.

Mais la tentative de conquête des positions ennemies s’avèrent un échec : l’artillerie lourde n’a pas brisée les abris bétonnés des Allemands et l’infanterie lancée à l’assaut par vagues est tombée sous le feu nourri des mitrailleuses.

Le 9 mai 1915, 5 100 hommes sont tués, disparus ou blessés. 1131 hommes du 88e Régiment d’infanterie, venant du Gers, sont morts en tentant de franchir les 300 mètres les séparant des lignes ennemies.

Les tentatives vaines  pour enfoncer les lignes allemandes se succèdent jusqu’au 17 juin 1915, les cadavres sont enterrés non loin des lignes.

Soutenue par des divisons britanniques, la Troisième bataille d’Artois se déroule du 15 au 29 septembre 1915. A son issue, la guerre de tranchées recommence…

 

"A une distance comprise entre 40 et 80 m de notre propre position se trouve la première ligne ennemie. Derrière un labyrinthe, sans système de tranchées de combat et d'attente, qui d'après son aspect manque d'entretien, des troncs d'arbres, qui commercent à verdir, montrent qu'une route traverse toute la position adverse en direction sud-est/nord-ouest vers Roclincourt. La chaussée complètement envahie par la verdure n'est plus visible. Les murs en brique rouge du cimetière, à l'entrée du village, ont de gros trous et sont partiellement écroulés. Ici les morts n'ont pas de repos et certains vivants, qui se sont couchés sur les tombes, y sont restés pour toujours. Au pied de l'autre crête, au milieu des tranchées, entourées d'obstacles, se trouvent les ruines de Roclincourt. De plus en plus, elles disparaissent sous les feuillages. [...]

Comme excités par l'activité intense de l'aviation, une nouvelle vie anime les troupes. L'artillerie envoie nettement plus de projectiles, les pionniers travaillent avec empressement à la finition des galeries ; l'observation des tranchées  par l'infanterie est renforcée. Des deux côtés on  construit avec ferveur. L'adversaire renforce ses obstacles autour de Roclincourt et des positions de hauteur. Les points stratégiquement plus importants, à l'intérieur de ses lignes, sont entourés d'un réseau de barbelés très large. Il est possible que l'adversaire s'attende à une opération de notre part et essaie de s'y préparer. De plus en plus de fusées éclairantes montent dans la nuit afin de pouvoir détecter des patrouilles sur le terrain avancé. [...]

Toutes les nuits un groupe fortifie les obstacles devant les verrous, un autre transporte les matériaux, un autre fabrique les fascines dans la tranchée, un quatrième plante des poteaux et un cinquième mine.

Les abris se multiplient également dans ce secteur. On en construit des nouveaux et on répare puis aménage les anciens." (printemps 1916) 3

 

La guerre souterraine

Des sapes sont faites par le génie militaire en creusant des galeries sous le no man’s land et tentent de faire exploser de grandes quantités d’explosifs sous les tranchées adverses. Ces explosions créent des entonnoirs qu’occupent les fantassins.

La compagnie de tunneliers néo-zélandais composée de 350 hommes riposte à la guerre souterraine engagée par les Allemands.

 

 

Lieu dit Chantecler. Juin 1916. Ce plan montre la guerre des mines que se sont livrés les Allemands et les Néo-Zélandais. (source : The New Zealand Tunneling Compagny, 1922 - cité dans Letho Duclos Jean-Luc, Saint-Laurent-Blangy dans la Grande Guerre, Documents d'archéologie et d'histoire du XXe siècle, p. 127)

 

Cette photographie montre les deux lignes de front ennemies devant Roclincourt ainsi que les cratères de mines Claude, Clarence et Cuthbert causés par les sapes faites par le génie militaire allemand sous les tranchées britanniques et qui ont explosé le 4 juin 1916. (source : photographie de l'armée royale de l'air)

 

Deux cratères en 2021. (photo Google Maps)

 

« L’activité de creusement de mine s’accroît. Le bruit de minage en dessous de nous ne s’arrête plus. C’est un satiné sentiment d’être assis sur un baril de poudre dont l’explosion, à plus ou moins longue échéance, doit nous transporter dans l’au-delà bien que notre joie de vivre n’ait pas diminué d’un pouce.

Mais notre propre système approche également de son achèvement et les galeries peuvent être chargées. Des équipes, le dos courbé sous la charge, passent la nuit dans la position avec des caisses noires et disparaissent dans la galerie basse. Ce sont des munitions explosives et cela rassure. Plusieurs centaines de demi-quintaux entrent dans la galerie. Pendant plusieurs années nous avons construit ce genre de galeries, celles-ci arrivent maintenant sous les lignes ennemies. Les déblais ont été sortis la nuit dans des centaines de milliers de sacs, qui, vidés, ont été de nouveau remplis, puis vidés encore jusqu’à ce que l’ouvrage soit fini. Maintenant tout est prêt. Les galeries sont chargées et fermées, les câbles sont branchés. Il suffit maintenant d’attendre le moment propice pour s’assurer le succès. Ce jour sera un jour d’horreur pour nos ennemis. » 4

 

Les conditions de vie dans les tranchées

Dans les tranchées et les boyaux français, la boue atteint une épaisseur de 30 cm à un mètre, en dépit des pompes du village utilisées pour extraire l’eau. Les armes sont alors hors d’usage ; les tirailleurs sont enlisés dans la boue jusqu’au ventre.

 

Pompe dans une tranchée. (source : Archives départementales du Pas-de-Calais)

 

Jean-Marie Girardet décrit les conditions de vie dans les tranchées : « Dès la fin novembre [1915], il faut lutter contre un nouvel ennemi sournois, implacable et hideux, la boue. Il pleut des journées entières, les horizons sont noyés, des nuages bas et sales se traînent, inépuisables, déversant une lugubre pluie froide, tantôt à larges ondées, plus souvent en gouttelette fines, presque vaporeuses, qui dissolvent inexorablement la terre molle d’Artois et la transforment en un désert de fange. Ensuite, il gèle, puis il dégèle, et c’est le moment critique. Car alors les parois des boyaux croulent par tranches, ou glissent à l’état semi-liquide à travers les clayonnages bombés. L’argile et le sable délayés forment un horrible mastic mouvant qui, par endroits, remplit la tranchée jusqu’aux bords. La marche à travers cette pâte exige un travail épuisant. Impossible d’avancer quand on est pris jusqu’au ventre. On a vu des hommes sortir de cette glu en y abandonnant leurs godillots et leurs culottes. » 5

 

Soldat allemand pataugeant dans la boue d'une tranchée, avril 1916. (source : Imperial War Museum)

 

L’été, les conditions sont celles-ci :

« Combien de cadavres étaient enterrés dans les parapets de ces tranchées creusées en plein combat lors des affaires de mai et tout au long desquelles, à chaque pas, on voyait émerger, ici une touffe de cheveux, là un pan de capote, là une main, ici un soulier…. Les cadavres ! les cadavres ! On vivait au milieu des cadavres !

Ils pourrissaient sur le « bled » entre les tranchées, en avant des tranchées, dans les trous d’obus ; ils pourrissaient dans tous les parapets, derrière les sacs de terre ; ils pourrissaient partout ; en ces journées d’été leur odeur emplissait l’air. Etait-ce leur présence qui attirait ces myriades de grosses mouches noires et vertes qui recouvraient d’une carapace luisante et bourdonnante le moindre morceau de pain abandonné, la moindre ordure ? » 6

 

 

Le 1er corps de réserve bavarois devant Arras, le 9 mai 1915. (Source : Kraft von Dellmensingen, Das Bayernbuch vom Weltkriege 1914-1918, Volume 1, Stuttgart 1930, p. 65. Fonds documentaire Joseph Mader)

Légende : Position le 9 mai 1915 matin et dans la soirée.

 

Le 1er corps de réserve bavarois devant Arras, les 25 et 26 septembre 1915. (Source : Kraft von Dellmensingen, Das Bayernbuch vom Weltkriege 1914-1918, Volume 1, Stuttgart 1930, p. 68. Fonds documentaire Joseph Mader)

Légende : Direction et jour des attaques françaises.

 

Feuille : 51B.NW.1 - Roclincourt - Echelle : 1/10000 - Edition : 5A Publication : janvier 1917. Tranchées corrigées au 27 décembre 1916 - Taille : carte 50 x 80 cm (environ 20 x 31 pouces) sur feuille ca. 70 x 92 cm (environ 28 x 36 pouces)- (détail) « Reproduit avec l'autorisation de la Bibliothèque nationale d'Écosse »

 Pour consulter la carte ci-dessus.

 

Vue de Roclincourt prise de l'abri central. (source : ECPAD/collection Augarde/auteur inconnu)

 

Près de Roclincourt, 23 mai 1915 – La route de Lille. Au premier plan, barricades françaises. (source : albums Valois / La Contemporaine)

 

Près de Roclincourt, 23 mai 1915 – La route de Lille. Au premier plan, à gauche et à droite, chevaux de frise. (source : albums Valois / La Contemporaine)

 

Près de Roclincourt, 1915 – Cadavres allemands. (source : albums Valois / La Contemporaine)

 

Près d’Ecurie, 23 mai 1915 – L’abreuvoir. (source : albums Valois / La Contemporaine)

 

Près d’Ecurie, 23 mai 1915 – Abris d’artillerie. A droite, abri baptisé « Villa des becs salés ». (source : albums Valois / La Contemporaine)

 

Près d’Ecurie, 23 mai 1915 – Mortier de 220 en position, le chargement de la pièce. (source : albums Valois / La Contemporaine)

 

Près d’Ecurie, 23 mai 1915 – Mortier de 220 en position, le chargement de la pièce. (source : albums Valois / La Contemporaine)

 

Près d’Ecurie, 23 mai 1915 – Mortier de 220 en position, la pièce prête à tirer. (source : albums Valois / La Contemporaine)

 

Près d’Ecurie, 23 mai 1915 – Canon de 155 en position de tir. (source : albums Valois / La Contemporaine)

 

 

Le dégagement de Roclincourt

Il faudra attendre le 9 avril 1917 et la bataille d’Arras pour que Roclincourt soit complétement dégagé.

 

Carte représentant l’avancée des troupes britanniques lors de la Bataille d’Arras. (source : The Probert Encyclopaedia )

 

Roclincourt devient le cantonnement de différentes divisions.

Jean-Marie Girardet note : « les camps, dans les zones arrières, ne sont pas des endroits particulièrement plaisants. Ils sont situés dans des terrains qui ont été des champs de bataille pendant les trois années précédentes. Les soldats sont environnés d’anciennes tranchées, les fils de fer barbelés, les trous remplis d’eau et de boue, et aussi de nombreux cadavres. Des morts de toutes nationalités sont constamment découverts dans divers stades de décomposition, le service de sépulture les exhume. De petits cimetières se sont formés après le 9 avril pour recevoir ces restes humains. » 7

En février, mars 1917, a lieu l'opération Alberich, qui désigne le repli stratégique des troupes allemandes sur la ligne Hindenburg.

Lors de la Kaiserschlacht, la « bataille de l’Empereur » commencé le 21 mars 1918 et dont la ligne Hindenburg est le point de départ, le verrou d’Arras tient bon. Le nouveau front se stabilise jusqu’à la fin d’août 1918.

Les offensives alliées menées dès août libèrent définitivement Arras le 2 septembre 1918. Le journal Le Lion d'Arras titre dans son édition du 5 septembre :

 

 

Le retrait des troupes allemandes lors de l’opération Alberich a lieu entre Arras et Soissons. (source : Jean-Luc Letho Duclos, Saint-Laurent-Blangy dans la Grande Guerre, Documents d'archéologie et d'histoire du XXe siècle, p. 132)

 

L'offensive des Cent-Jours. (source : Wikipédia)
Légende
(détail)

 

 

Blangy, 1917 – Cantonnement britannique, une demi-lune Nissen. (source : albums Valois / La Contemporaine)

 

Blangy, 1917 – Construction d’un pont par le génie britannique. (source : albums Valois / La Contemporaine)

 

Blangy, 14 avril 1917 – Troupes britanniques sur le terrain conquis. (source : albums Valois / La Contemporaine)

 

Dès le 9 avril 1917, aux bénéfices des territoires reconquis lors de la Bataille d'Arras, La Scarpe est utilisée à des fins logistiques d’approvisionnement de la nouvelle ligne de front.

Blangy, 22 avril 1917 – ravitaillement britannique en munitions. Chargement d’obus dans un ponton sur la Scarpe. (source : albums Valois / La Contemporaine)

 

Blangy, 22 avril 1917 – ravitaillement britannique en munitions. A gauche, highlanders suivant le chemin de fer à voie étroite. (source : albums Valois / La Contemporaine)

 

Près de Blangy, 22 avril 1917 – Passerelle britannique sur la Scarpe. (source : albums Valois / La Contemporaine)

 

Près de Blangy, 22 avril 1917 – Passerelle britannique sur la Scarpe. (source : albums Valois / La Contemporaine)

 

Près de Blangy, avril 1917 – Rives de la Scarpe. Déblaiement de la rivière par les Britanniques. (source : albums Valois / La Contemporaine)

 

Blangy, 22 avril 1917 – Sapeurs britanniques réparant un pont sur la Scarpe. (source : albums Valois / La Contemporaine)

 

Blangy, 5 juin 1917 – Bivouac britannique, soldats se lavant dans un trou d’obus. (source : albums Valois / La Contemporaine)

 

Blangy, 27 juin 1917 – Réparation d’une écluse par le génie britannique. (source : albums Valois / La Contemporaine)

 

 

Les ruines de Roclincourt, 30 juin 1917. (source : albums Valois / La Contemporaine)
Les ruines de Roclincourt, 30 juin 1917. (source : albums Valois / La Contemporaine)
Les ruines de Roclincourt, 30 juin 1917. (source : albums Valois / La Contemporaine)
Les ruines de Roclincourt, 30 juin 1917. (source : albums Valois / La Contemporaine)
Les ruines de Roclincourt, 30 juin 1917. (source : albums Valois / La Contemporaine)

Les ruines de Roclincourt, 30 juin 1917. (source : albums Valois / La Contemporaine)

Près de Roclincourt, 30 octobre 1917 –Baraquements d’un Q. G. britannique. Au milieu, tombes militaires françaises. (source : albums Valois / La Contemporaine)
Près de Roclincourt, 30 octobre 1917 –Baraquements d’un Q. G. britannique. Au milieu, tombes militaires françaises. (source : albums Valois / La Contemporaine)
Près de Roclincourt, 30 octobre 1917 –Baraquements d’un Q. G. britannique. Au milieu, tombes militaires françaises. (source : albums Valois / La Contemporaine)
Près de Roclincourt, 30 octobre 1917 –Baraquements d’un Q. G. britannique. Au milieu, tombes militaires françaises. (source : albums Valois / La Contemporaine)
Près de Roclincourt, 30 octobre 1917 –Baraquements d’un Q. G. britannique. Au milieu, tombes militaires françaises. (source : albums Valois / La Contemporaine)
Près de Roclincourt, 30 octobre 1917 –Baraquements d’un Q. G. britannique. Au milieu, tombes militaires françaises. (source : albums Valois / La Contemporaine)
Près de Roclincourt, 30 octobre 1917 –Baraquements d’un Q. G. britannique. Au milieu, tombes militaires françaises. (source : albums Valois / La Contemporaine)
Près de Roclincourt, 30 octobre 1917 –Baraquements d’un Q. G. britannique. Au milieu, tombes militaires françaises. (source : albums Valois / La Contemporaine)

Près de Roclincourt, 30 octobre 1917 –Baraquements d’un Q. G. britannique. Au milieu, tombes militaires françaises. (source : albums Valois / La Contemporaine)

Près de Roclincourt, 30 octobre 1917 – Cimetière militaire français au bord de la route. Au fond, le village. (source : albums Valois / La Contemporaine)

 

Près de Roclincourt, 30 octobre 1917 - Tombes militaires françaises. (source : albums Valois / La Contemporaine)

 

Les photographies des tranchées ci-dessous ont été faites en janvier 1918. A cette date, Roclincourt était dégagé ; la ligne de front s'était éloignée plus à l'est...

Près de Roclincourt, 9 janvier 1918 – Officiers et soldats allant au travail en première ligne. (source : albums Valois / La Contemporaine)

 

Près de Roclincourt, 9 janvier 1918 – Officiers et soldats allant au travail en première ligne. (source : albums Valois / La Contemporaine)

 

Près de Roclincourt, 9 janvier 1918 – Boyau de communication britannique, hommes montant aux premières lignes. (source : albums Valois / La Contemporaine)

 

Près de Roclincourt, 9 janvier 1918 – Boyau de communication britannique, hommes portant la soupe aux premières lignes. (source : albums Valois / La Contemporaine)

 

Près de Roclincourt, 9 janvier 1918 –Tranchée britannique, poste de fusées signal pour l’artillerie. (source : albums Valois / La Contemporaine)

 

Près de Roclincourt, 9 janvier 1918 –Tranchée britannique, soldats au périscope. (source : albums Valois / La Contemporaine)

 

Près de Roclincourt, 9 janvier 1918 –Tranchée britannique, patrouilleurs camouflés partant en patrouille. (source : albums Valois / La Contemporaine)

 

Près de Roclincourt, 12 janvier 1918 – Tranchée du régiment d’York et Lancastre – Soldats réparant la tranchée. (source : albums Valois / La Contemporaine)

 

Près de Roclincourt, 12 janvier 1918 – Tranchée du régiment d’York et Lancastre – Soldats réparant la tranchée. (source : albums Valois / La Contemporaine)

 

Près de Roclincourt, 12 janvier 1918 – Tranchée du régiment d’York et Lancastre – Inspection des masques contre les gaz. (source : albums Valois / La Contemporaine)

 

Près de Roclincourt, 12 janvier 1918 – Tranchée du régiment d’York et Lancastre – Théorie sur les masques contre les gaz. (source : albums Valois / La Contemporaine)

 

« - Alerte aux gaz !

Les voilà tout de même. Debout de suite, le masque est pris dans son boîtier et on monte. L’air est clair comme précédemment. Même le nez le plus fin ne sent rien. On regarde avec précaution au-dessus de la tranchée. Arras est clairement visible devant nous, Roclincourt également.

  • Ah ! Par ici !

A droite, vers la route Arras – Lille il y a une attaque aux gaz. Des petits nuages jaunes dorés jaillissent à des centaines d’endroits dans les tranchées anglaises et coulent au-dessus de la terre jusque sur nos lignes, en formant d’énormes boules de nuages. L’artillerie tire des deux côtés, dans cette mer de fumée. […] L’Anglais pense peut-être que les Allemands vont fuir en plein champ devant le mur de fumée gigantesque et que leurs shrapnels vont les atteindre. Erreur ! Chacun reste tranquillement à son poste et râle derrière le masque protecteur car son fusil se ternit ou sa montre s’oxyde, mais il pense aussi, avec joie, à tous les rats et souris qui vont crever. » (vers juin 1916) 8

 

Près de Roclincourt, 12 janvier 1918 – Tranchée du régiment d’York et Lancastre – Distribution de la soupe. (source : albums Valois / La Contemporaine)

 

Près de Roclincourt, 12 janvier 1918 – Tranchée du régiment d’York et Lancastre – Officier devant son abri et la mascotte du régiment. (source : albums Valois / La Contemporaine)

 

Près de Roclincourt, 24 janvier 1918 –Tranchée britannique, remplissage de sacs à terre pour renforcer un abri. (source : albums Valois / La Contemporaine)

 

 

Roclincourt : le dernier jour du soldat Grenier

 

1 - Helbling, Max, e.a., Das k.b. Reserve-Infanterie-Regiment Nr. 2, München 1926, p. 37.

2 - Schneider Alfons, Dans la tranchée devant Arras, Bailleul-Sire-Berthoult, Fampoux, Gavrelle, Roeux, Saint-Laurent-Blangy, Documents d’Archéologie et d’Histoire du XXe siècle, 1997, p. 59

3 - Schneider Alfons, Dans la tranchée devant Arras, Bailleul-Sire-Berthoult, Fampoux, Gavrelle, Roeux, Saint-Laurent-Blangy, Documents d’Archéologie et d’Histoire du XXe siècle, 1997, p. 42, 46, 48.

4 - Schneider Alfons, Dans la tranchée devant Arras, Bailleul-Sire-Berthoult, Fampoux, Gavrelle, Roeux, Saint-Laurent-Blangy, Documents d’Archéologie et d’Histoire du XXe siècle, 1997, p. 58.

5 - Jean-Marie Girardet, Roclincourt – Ecurie, un verrou du front d’Artois, Documents d’Archéologie et d’Histoire du XXe siècle, 1995, p. 67.

6 - Capitaine Hubert, La Division Barbot. Cité dans Arras et les batailles d’Artois, Ed. Michelin, 1920, p. 12.

7 - Jean-Marie Girardet, Roclincourt – Ecurie, un verrou du front d’Artois, Documents d’Archéologie et d’Histoire du XXe siècle, 1995, p. 92.

8 - Schneider Alfons, Dans la tranchée devant Arras, Bailleul-Sire-Berthoult, Fampoux, Gavrelle, Roeux, Saint-Laurent-Blangy, Documents d’Archéologie et d’Histoire du XXe siècle, 1997, p. 74.

 

 

Bibliographie :

Girardet Jean-Marie, Roclincourt – Ecurie, un verrou du front d’Artois, Documents d’Archéologie et d’Histoire du XXe siècle, 1995.

Schneider Alfons, Dans la tranchée devant Arras, Bailleul-Sire-Berthoult, Fampoux, Gavrelle, Roeux, Saint-Laurent-Blangy, Documents d’Archéologie et d’Histoire du XXe siècle, 1997.

Le Maner Yves, La Grande Guerre dans le Nord et le Pas-de-Calais, Editions La Voix, 2014.

 

 

 

Roclncourt, blockhaus allemand situé près du Set Famous Club, visible depuis la D 60.

 

Bailleul Road West Cemetery

 

Roclincourt se souvient.
Roclincourt se souvient.
Roclincourt se souvient.
Roclincourt se souvient.

Roclincourt se souvient.

Les albums de Fernand Malinvaud, arrivé sur le front en août 1915 avec le 63e Régiment d'Infanterie, dans le secteur du Labyrinthe. Photographies de Roclincourt et d'Ecurie à partir du numéro 31.

Monument à la mémoire des 88e et 288e R.I. et 135e territorial